Thème 2018-2019

 

Voici deux notices biographiques concernant Aurélien Scholl. Libre à vous d’imaginer un épisode de la vie de ce personnage romanesque.

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Notice extraite du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Larousse, 1875, T. XIV

 

SCHOLL (Aurélien), écrivain français, né à Bordeaux en 1833. Son père, qui était notaire, lui fit faire de bonnes études, mais ne réussit pas à le retenir dans sa ville natale. Paris attirait cette nature vive, ardente, batailleuse. Dès 1850, âge d’or du journalisme militant, le jeune Scholl s’escrimait dans le Corsaire, qui devait être, deux ans plus tard, une des innombrables victimes du 2 décembre. Par bonheur, le jeune écrivain bordelais fut trouvé trop jeune ou trop peu compromis pour être supprimé personnellement avec tant d’autres. Il en fut quitte pour changer de journal et pour modérer quelque peu sa polémique. Il passa au journal Paris, puis au Mousquetaire, d’Alexandre Dumas, où il était parfaitement à l’abri des orages politiques. Mais M. Aurélien Scholl n’était pas né pour s’immobiliser dans un bureau de rédaction ni pour mener la vie calme des feuilles littéraires. L'Illustration, à laquelle il collabora en même temps, Le Satan, qu’il fonda, La Silhouette, où il travailla avec Noriac, Le Figaro hebdomadaire, où il combattit les ridicules de l’époque, sont un témoignage de sa prodigieuse activité. C’est au Figaro surtout, qui avait alors ce caractère de méchanceté spirituelle, si tristement tourné depuis à la calembredaine pâteuse, c’est au Figaro que M. Aurélien Scholl fit apprécier cet esprit vif, pénétrant, incisif, cruel, qui rendit si redoutables ses « coulisses » (c’est ainsi qu’il intitulait ses satires hebdomadaires), et qui lui valut tant de duels, de poursuites judiciaires, de tracasseries de toute espèce. Il est infiniment regrettable que le régime oppressif de l’Empire n’ait laissé à un esprit aussi distingué d’autre activité que les attaques plus ou moins personnelles mises à la mode par Le Figaro. M. Aurélien Scholl, s’il n’eût été réduit à gaspiller son talent dans des satires en prose, s’il avait pu consacrer aux grandes questions politiques sa verve intarissable, fût certainement devenu un de nos publicistes les plus éminents et aurait pu rendre à la cause de la liberté de très grands services. Il n’est pas difficile de voir dans Le Nain jaune, qu’il fonda, dans Le Club, Le Jockey, Le Lorgnon, et surtout dans les articles qu’il a donnés en 1875 à L’Evénement, des preuves d’une vraie capacité politique et d’une conception large et élevée de la liberté. Un de ses articles au dernier de ces journaux lui valut avec M. Robert Mitchell, rédacteur du Soir, un duel qui faillit être funeste à M. Scholl. L’épée de son adversaire lui traversa le bras et se rompit dans la plaie. Parmi les nombreuses affaires qui ont attiré l’attention sur M. Aurélien Scholl, une des plus pénibles est celle de son mariage avec Mlle Irène Perkins, fille d’un brasseur de Londres. Une séparation judiciaire a rompu cette déplorable union, non sans avoir amené toute une série de procès entre M. Aurélien Scholl et son beau-frère M. Du Bisson.

 

Nous n’avons présenté jusqu’ici M. Aurélien Scholl que comme journaliste ; ses titres comme littérateur sont nombreux, trop nombreux peut-être. Dans les romans qu’il a écrits, cet écrivain d’élite a jeté à pleines mains ces saillies vives, ces traits imprévus, ces explosions humoristiques qui le distinguent. Une seule chose manque à toutes ces piquantes histoires pour être parfaites : la conviction. M. Scholl a pris dans la presse à laquelle l’Empire l’avait condamné cette habitude de se moquer du public et de soi-même, fort amusante pour les littérateurs du boulevard, mais que le gros des lecteurs accueille avec une sorte de colère assez légitime. M. Aurélien Scholl ne croit pas que « c’est arrivé » ; cela se sent à toutes ses pages ; mais aussi allez demander de la naïveté à un rédacteur du Figaro !

Malheureusement, si le petit journal se moque de la naïveté, elle est tout à fait nécessaire au livre ; c’est du moins notre avis. Parmi tant d’œuvres très remarquables, mais trop peu sincères, nous citerons : Lettres à mon domestique (1851, in-18) ; Les Esprits malades (1855, in-12) ; La Foire aux artistes (1858, in-16) ; Claude le Borgne (1859, in-16) ; L’Art de rendre les femmes fidèles (1860, in-32) ; Les Mauvais instincts, histoire d’un premier amour (1860, in-12), réédité sous le titre de Hélène Herman (1863) ; Les Amours de théâtre (1862, in-18) ; Aventures romanesques (1862, in-12) ; Scènes et mensonges parisiens (1863, in-12) ; Les Gens tarés (1865, in-12) ; Les Dames de Hisquenville (1865, in-12) ; Les Cris du paon (1866, in-18) ; L’Outrage (1866, in-18) ; Les Nouveaux mystères de Paris (1867, 3 vol. in-18) ; La Dame des Palmiers (1873, in-18).

 

M. Aurélien Scholl a aussi publié, en 1857, un volume de vers, Denise (in-32). Ce livre, où, par exception, il avait mis beaucoup de conscience et de conviction, est resté un de ses meilleurs et a eu de très nombreuses éditions. Il est une preuve que l’auteur eût fait un poète très distingué si le temps et la foi, si nécessaires pour rimer, ne lui avaient fait défaut.

M. Aurélien Scholl a aussi travaillé pour le théâtre. Il a donné : à l’Odéon, Jaloux du passé, comédie en un acte (1861) ; au théâtre Déjazet, Singuliers effets de la foudre (1863), avec Th. de Langeac ; au Gymnase, La Question d’amour (1864), avec P. Bocage ; aux Variétés, Les Chaînes de fleurs, comédie en un acte (1866) ; Rosalinde ou Ne jouez pas avec l’amour (1859), avec Lambert-Thiboust.

 

On voit si le talent de M. Aurélien Scholl est varié. M. Aurélien Scholl est un de ces esprits encyclopédiques qui ne croient à rien, se moquent de tout, mais réussissent en tout. S’il n’a pas entrepris une ''Mécanique céleste'', c’est par indifférence calculée pour tout sujet étranger à la vie parisienne.

 

 

Notice extraite de l’encyclopédie en ligne Wikipédia en date du 30 septembre 2018

(les liens hypertextes ont été supprimés).

 

Antoine Aurélien Scholl, né à Bordeaux le 14 juillet 1833 et mort à Paris 9e le 16 avril 1902, est un journaliste, auteur dramatique, chroniqueur et romancier français.

Il repose au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.

Dès l'âge de quinze ans, il publie dans L'Echo Rochelais des feuilletons en vers, d'inspiration socialisante. Venu à Paris en 1851, il collabore à divers journaux éphémères pour se fixer au Figaro de 1857 à 1861. Passé par d'autres rédactions, il finit par créer en 1863 Le Nain jaune qu'il pose en concurrent du Figaro et dans lequel il écrit sous le pseudonyme de Balthazar.

Un beau mariage contracté en 1866 avec Irène Perkins fille d'un riche brasseur de Londres, installe Scholl dans le Tout-Paris et lui permet de laisser libre cours à son humour cinglant. Ses articles agressifs lui firent de nombreux ennemis qui lui vaudront plusieurs duels, dont un avec Paul de Cassagnac qui le blessera grièvement.

Dans les années 1880, il collabore à La Justice de Clémenceau ; ils eurent l'un et l'autre comme maîtresse la comédienne Léonide Leblanc (1842-1894), qui fut également celle du prince Napoléon et du duc d'Aumale.

En 1871, il s'oppose à la Commune de Paris. Dans une lettre de dénonciation adressée à la police, il indique où se trouve un certain Lavalette ayant participé à la Commune. Ce Lavalette est marié avec la sœur de sa femme.

Il crée le Quotidien de Paris dont le premier numéro parait le 12 mars 1884.

Il est rédacteur en chef mais confie la direction à Valentin Simond, plus tard directeur de L'Écho de Paris. Le journal durera jusqu'en 1938.

En 1896, le guide Paris-Parisien le considère comme le dernier des « chroniqueurs étincelants ».

Œuvres

Lettres à mon domestique (1854)

Les Esprits malades (1855)

Denise, historiette bourgeoise, poème (1857)

La Foire aux artistes, petites comédies parisiennes (1858) 

Claude le borgne (1859)

Les Mauvais instincts, histoire d'un premier amour. L'Idiote. La Confession d'Œdipus. Denise (1860). Réédité sous le titre Hélène Hermann, histoire d'un premier amour (1866)

L'Art de rendre les femmes fidèles (1860) 

Aventures romanesques (1862)

Les Amours de théâtre (1862)

Scènes et mensonges parisiens (1863)

Les Gens tarés (1865)

Les Dames de Risquenville (1865)

Les Cris de paon, scandales du jour, satires de l'actualité (1866)

L'Outrage (1866) 

Les Nouveaux mystères de Paris (3 volumes, 1867) 

Les Petits secrets de la comédie (1867)

La Dame aux palmiers (1873)

Les Amours de cinq minutes (1875)

Les Scandales du jour (1878)

Fleurs d'adultère (1880) 

Mémoires du trottoir (1882)

L'Orgie parisienne (1883)

Les Nuits sanglantes (2 volumes, 1883) 

Fruits défendus (1885)

Le Roman de Follette, choix de nouvelles (1886)

Les Fables de La Fontaine filtrées par Aurélien Scholl (1886)

L'Esprit du Boulevard. La Farce politique (1887) 

L'Esprit du Boulevard. Les Coulisses (1887) 

Paris en caleçon (1887)

Paris aux cent coups (1888)

Peines de cœur (1890) 

L'Amour appris sans maître (1891) 

Les Ingénues de Paris (1893)

Une Chinoise (1894) 

Tableaux vivants (1896) 

L'Amour d'une morte (1897)

Poivre et sel (1901)

 

Théâtre

Rosalinde, ou Ne jouez pas avec l'amour, comédie en 1 acte, avec Lambert-Thiboust, Paris, Théâtre du Gymnase, 1er juillet 1859

Jaloux du passé, comédie en 1 acte, en prose, Paris, Théâtre de l'Odéon, 23 mars 1861

Singuliers effets de la foudre, comédie en 1 acte, avec Théodore de Langeac, Paris, Théâtre Déjazet, 1863

La Question d'amour, comédie en 1 acte, avec Paul Bocage, Paris, Théâtre du Gymnase, 23 avril 1864

Les Chaînes de fleurs, comédie en 1 acte, mêlée de chant, Paris, Théâtre des Variétés, 1866

L'Hôtel des illusions, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Oscar-Charles Flor (dit Flor O' Squarr), Paris, Théâtre Déjazet, 6 décembre 1868

Le Repentir, comédie-drame en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Odéon, 10 octobre 1876

On demande une femme honnête, comédie en 1 acte, avec Victor Koning, Paris, Théâtre des Variétés, 8 décembre 1876

Le Nid des autres, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre de l'Odéon, 26 janvier 1878. Écrite en collaboration avec Armand d'Artois.

L'Amant de sa femme, scènes de la vie parisienne en 1 acte, Paris, Théâtre-Libre, 26 novembre 1890

Les Petits Papiers, comédie en 1 acte, Théâtre de Dieppe, 12 juillet 1896

 

Distinctions

Chevalier de la Légion d'Honneur au titre du ministère de l'Intérieur (décret du 7 février 1878). Parrain : Anatole de la Forge, journaliste et homme politique.

Officier de la Légion d'Honneur au titre du ministère de l'Intérieur (décret du 12 juillet 1884). Parrain : le général Gaston d'Andlau, sénateur.

Grand prix des jeunes écrivains de prépas littéraires